Les scientifiques de l'Université de la longévité en Californie du Sud sont arrivés à la conclusion que le jeûne pourrait prolonger la vie. Les experts ont constaté que le jeûne permet non seulement de faire diminuer le taux de cholestérol dans le sang, mais joue également le rôle du facteur de croissance analogue à l'insuline (IGF-1), responsable pour la régénération des tissus. L’excédent de cette hormone peut entraîner un vieillissement trop rapide.
Lors du jeûne, la fabrication de cette hormone ralentit, ce qui peut prolonger la vie de 15-30%, selon MIGnews.com. Les spécialistes ne recommandent toutefois pas l'automédication. Avant de prendre la décision de jeûner, il faut consulter l’avis d’un médecin.
Manger 600 calories par jour prolonge l'espérance de vie
Y aurait-il donc un lien entre jeûne et longévité ? C'est en tous cas la thèse d'un chercheur britannique, le docteur Michael Mosley, qui préconise de ne pas dépasser le seuil des 600 calories par jour pour augmenter son espérance de vie.
L’activité physique et les régimes n’auraient aucun effet sur l’espérance de vie, d’après le docteur Michael Mosley. Pour lui, il n'y a qu'une seule chose à faire : compter ses calories, et ne pas dépasser les 600 ! « En fin de compte, le vieillissement est une conséquence d'un taux métabolique élevé, ce qui a pour effet d'augmenter le nombre de radicaux libres que nous consommons », a-t-il expliqué à l’émission Radio Times.
Et d’ajouter : « Si vous mettez votre organisme à l'épreuve en limitant votre ingestion de calories ou en jeûnant, l'organisme semble s'adapter à la situation en ralentissant le métabolisme. C'est une illustration de "ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort". Il préconise donc le jeûne occasionnel, par exemple une fois par semaine, qui pourrait apporter les mêmes bienfaits que la restriction calorique en inhibant la croissance de l'hormone responsable du vieillissement.
Et il n’est pas le premier à avancer cette thèse. L'Institute of Health Ageing de University College London avait suggéré qu'en réduisant sa consommation de nourriture de 40%, on peut prolonger sa vie de vingt ans. Enfin, une autre étude mentionnée lors des American Heart Association's Scientific Sessions en 2007 a noté un taux plus faible de maladies cardiaques chez les personnes pratiquant le jeune religieux mensuel (un jour par mois).
Le jeûne, nouvelle arme de lutte contre le cancer ?
De courtes périodes de jeûne sont dans certains cas aussi efficaces que la chimiothérapie pour lutter contre certains cancers chez les souris, selon une étude publiée le 8 février 2012 aux Etats-Unis, qui montre que combiner les deux méthodes prolonge leur durée de vie.
Le jeûne seul permet de traiter efficacement une majorité de cancers chez des animaux de laboratoire, y compris les tumeurs cancéreuses provenant de cellules humaines, soulignent les auteurs de cette étude parue dans la revue Science Translational Medicine datée du 8 février. Selon eux, sur huit types de cancer observés chez des souris de laboratoire, cinq ont réagi aussi bien au jeûne qu'à la chimiothérapie.
Des taux de guérison 20 % À 40 %
Le fait de réduire la quantité de nourriture consommée ralentit la croissance et la propagation du cancer, expliquent ces médecins. Et, chaque fois, "la combinaison de cycles courts de jeûne avec la chimiothérapie est soit plus efficace, soit nettement plus efficace que la chimiothérapie seule", précise Valter Longo, professeur de gérontologie et de biologie à l'université de Californie du Sud, principal auteur de cette étude.
Ainsi, de multiples périodes de jeûne combinées à la chimiothérapie guérissent 20 % de certains cancers très agressifs chez les souris de laboratoire. Le taux de guérison grimpe à 40 % pour les souris atteintes de ces mêmes cancers mais moins étendus, tandis qu'aucune souris n'a survécu traitée uniquement avec la chimiothérapie.
Seul un essai clinique d'une durée de plusieurs années permettrait de savoir si ce traitement pourrait avoir des effets similaires chez l'homme, souligne le Dr Longo. Les résultats d'un essai clinique de phase 1 portant sur un tel traitement sur des patientes souffrant d'un cancer du sein, du canal urinaire et de l'ovaire, mené par deux cancérologues du USC Norris Comprehensive Cancer Center, ont été soumis pour une présentation à la prochaine conférence annuelle de la Société américaine de cancérologie (ASCO).
Moins d'effets secondaires
Mais cette première phase clinique vise seulement à tester la sûreté de cette thérapie, et surtout à déterminer si des patients peuvent supporter de jeûner pendant deux jours avant une chimiothérapie et un jour après. "Nous ne savons pas si le jeûne est efficace chez l'homme" contre le cancer, souligne le Dr Longo, selon qui de telles privations de nourriture pourraient être risquées chez certains individus. Un jeûne peut notamment provoquer une chute de la tension artérielle et des maux de tête.
Selon une étude fondée sur des données fournies par des malades et publiée dans la revue américaine Aging en 2010, dix patients atteints d'un cancer qui ont essayé de suivre des cycles de jeûne ont dit ressentir moins d'effets secondaires provoqués par la chimiothérapie qu'ils subissaient.
Chez les souris, l'étude publiée mercredi a montré que des cycles de jeûne sans chimiothérapie pouvaient ralentir un développement du cancer du sein, du mélanome et d'une tumeur du cerveau. Dans certains cas, le jeûne est aussi efficace que la chimiothérapie.
Le jeûne du Ramadhan est-il compatible avec la santé ?
Pour plus d’un milliard et demi de Musulmans à travers le monde, le Ramadhan est un mois durant lequel ils commémorent une prescription coranique. Cette période sacrée de l’année est synonyme de jeûne pour la majorité d’entre eux. Du lever au coucher du soleil, les croyants doivent se livrer à une abstinence totale.
Cela signifie ne pas boire, ne pas manger mais aussi ne pas se traiter médicalement. Mais un jeûne -sawm en arabe- n’est jamais anodin. S’il est prolongé, il peut même avoir de sérieuses conséquences sur la santé.
Que se passe-t-il quand on jeûne ? Comment notre corps réagit-il lorsqu’on arrête de s’alimenter ?
Au cours d’un jeûne, la personne commence par consommer le sucre présent dans son corps. Le sucre du foie, des muscles et puis rapidement l’organisme passe aux graisses. Ces dernières vont être utilisées comme source d’énergie, et donc fondre jusqu’à ce que la personne s’alimente à nouveau .
On distingue deux phases dans un jeûne : une phase d’adaptation, et une autre d’équilibre. La première dure à peu près 10 jours. C’est généralement celle qui est le plus susceptible de poser des problèmes. Normal, car notre organisme passe brusquement de son régime habituel à un régime de rigueur ! Mais franchi ce cap, notre corps s’habitue. D’une certaine manière il s’équilibre automatiquement.
Conséquence, une perte de poids inévitable. Elle découle du processus de nettoyage de l’organisme. Mais pas d'inquiétude, elle n’est pas dangereuse. En fait, elle ne se produit pas aux dépens des tissus vitaux. Seules les substances superflues sont brûlées par notre organisme. Notamment les graisses et les déchets. L’adaptation du corps s’effectue sur le tissu adipeux, autrement dit sur le tissu gras. Ce dernier constitue la réserve d’énergie de l’organisme. Il va donc s’adapter en fonction des besoins de la journée.
Le jeûne court ? Pas très éprouvant pour l’organisme
Le Ramadhan est un jeûne court. Sur une journée, il débute à l'aube et se termine au coucher du soleil. Le premier repas est généralement pris tôt le matin. Le jeûne est ensuite rompu en fin d'après-midi. Quant au dernier repas - le shor en arabe - il survient entre 2 heures et 5 heures du matin, (les horaires changent évidemment d'un pays à un autre).
Dans ces conditions, l’organisme n’a pas le temps de manquer d’énergie. Et d’un point de vue médical, les risques pour la santé sont nombreux - fatigue, vertiges, somnolence...mais sans gravité. Vous êtes bien portant ? Ne souffrez d’aucune maladie ? Alors tous ces désagréments disparaîtront après avoir mangé.
Mieux, la période de jeûne peut être bénéfique pour notre corps. Ce dernier va se mettre à brûler des graisses qu’il n’a jamais l’occasion d’éliminer. Des réserves inutiles qui encombrent l’organisme en temps normal.
A ce niveau l’eau joue un rôle essentiel. Sodas et autres jus de fruits sont à bannir ! Seule l’eau va aider notre corps à se débarrasser de toutes sortes de déchets.
Boire beaucoup ! C’est donc le conseil par excellence pour éviter toute complication durant le jeûne. La consommation d’eau doit impérativement passer d’un litre et demi par jour en temps habituel, à deux litres et demi voire trois litres.
Mangez tranquillement !
Côté nourriture, quelques conseils sont à retenir. Même si cela peut paraître paradoxal, il ne faut jamais manger lorsqu’on a trop faim. Pourquoi ? Parce que la sensation de faim ne s’épuise qu’après s’être nourri...
Résultat, vous allez trop manger par rapport aux besoins de votre organisme. La grande règle, s’alimenter après que la sensation de faim ait été surmontée. Le meilleur moyen d’y arriver est de manger un sucre d’assimilation rapide.
Une petite barre de céréales fera largement l’affaire. Vous n’aimez pas les céréales ? Pensez alors à un stimulant, comme une tasse de café par exemple. Essayez et vous verrez ! Un petit quart d’heure d’attente suffira pour réduire votre sensation de faim. Le but est de réussir à manger la tête reposée. Et donc d’éviter les troubles digestifs comme les ballonnements et les douleurs gastriques.
Le Ramadan, compatible avec une vie professionnelle
Mais le jeûne peut avoir des effets différents de ceux déjà évoqués. Sur la vie professionnelle notamment. Durant le Ramadhan, beaucoup se plaignent de maux de têtes et de troubles de la concentration...
Attention aussi: il n’est pas conseillé quand on jeûne, d’avoir une activité sportive prolongée. Un sport d’endurance impose à notre organisme un ravitaillement important en glucides... impossible lors d’un jeûne. Les risques d’une hypoglycémie ou d’un malaise sont alors sérieux.
D’un point de vue médical, le jeûne prolongé est formellement interdit aux malades et aux femmes enceintes. Il est dangereux car il aggrave un éventuel déséquilibre métabolique. Autrement dit tous les déchets que le corps fabrique. Ainsi, les maladies chroniques, cardio-vasculaires, rénales et hépatiques sont aggravées par le jeûne.
Le cas du diabète est particulier. C’est une pathologie difficile à équilibrer au quotidien. Toute l’année, le diabétique doit minutieusement doser son apport en glucides. Mais pendant le Ramadhan, le traitement est mis de côté. Conséquences, les risques d’hypoglycémie durant la journée et d’hyperglycémie durant la nuit deviennent importants.
Pour l’organisme, le jeûne représente toujours une épreuve. Mais il n’est pas dangereux pour la santé.
(avec agences et journaux)


