Lakhdar Brahimi successeur de Kofi Annan
Dans les travées du siège de l’ONU à New York, son nom est déjà connu de tous. Le diplomate algérien M. Lakhdar Brahimi est, sauf surprise de dernière minute, le virtuel successeur de Kofi Annan en tant qu’émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe sur la Syrie.
Pour le correspondant de Reuters à Washington, qui cite des «sources diplomatiques» jeudi, la nomination de l’Algérien ne fait pas l’ombre d’un doute et l’affaire est déjà pliée.
L’agence Reuters connue pour sa rigueur et sa proximité avec les centres de décisions aux Etats-Unis, ajoute également que la décision de nomination de Lakhdar Brahimi «pourrait être annoncée en début de semaine prochaine», citant des diplomates souhaitant rester anonymes. Le bruit courrait déjà au lendemain de la démission de Kofi Annan sur M. Brahimi comme étant l’homme de la situation dans ce conflit en Syrie qui dure depuis 17 mois.
En plus du fait qu’il parle très bien la langue arabe, en sus de l’anglais et du français, Lakhdar Brahimi dispose d’un solide carnet d’adresses dans la région et jouit d’une bonne réputation dans le monde arabe.
L’homme des missions casse-cou
L’ex-ministre algérien des affaires étrangères âgé de 78 ans, est également un habitué des missions de médiation internationales casse-cou pour le compte des Nations unies. Il aura tour à tour servi comme représentant spécial de l’Onu pour l’Afghanistan, avant et après la fin du régime taliban; pour l’Irak après l’intervention des Etats-Unis qui a renversé Saddam Hussein et aussi en Afrique du Sud quand le pays est sorti du régime de l’apartheid.
Et à chaque fois, le travail du diplomate algérien a été salué y compris par les responsables occidentaux même s’il n’épouse pas leur point de vue. Cela était d’ailleurs le cas s’agissant de l’Irak. Brahimi a tout fait pour éviter à ce pays une intervention étrangère, en déployant un trésor d’efforts pour convaincre Saddam Hussein de collaborer avec les inspecteurs onusiens du désarmement.
Il a en outre tenté (en vain) d’empêcher une résolution de l’ONU validant une intervention en Irak, en plaidant qu’il n’y avait pas d’arme nucléaire. Il a eu d’ailleurs des mots très durs à l’égard des USA et des grandes puissances quand l’Irak a été réduit en ruines et qu’aucune arme nucléaire n’y a été trouvée.
L’Irak, l’Afghanistan puis la Syrie
C’est dire que Lakhdar Brahimi est le profil idéal pour tenter de dénouer le confit en Syrie dès lors qu’il dispose d’une bonne réputation aussi bien auprès du régime d’Al Assad que du côté des rebelles. Pour autant, Brahimi n’aura pas la tâche facile en Syrie. Du haut de son statut d’ancien secrétaire général des Nations unies et prix Nobel de la Paix, Kofi Annan a dû démissionner de son poste de médiateur international pour la Syrie la semaine dernière, invoquant «l’impossibilité» de faire son travail.
Son virtuel successeur aura donc la lourde mission de relancer un processus de négociations politiques moribond dans ce pays déchiré par la guerre et par les interventions extérieures.
Notons enfin que Lakhdar Brahimi, qui fut ministre des Affaires étrangères de l’Algérie au début des années 1990, a connu un parcours diplomatique riche auprès de l’ONU où il a mené des missions spéciales pour l’Onu dans divers pays et notamment en République démocratique du Congo, au Yémen et au Liberia. En tout état de cause, Brahimi, qui dispose d’un préjugé favorable auprès des deux belligérants en Syrie, est sans doute le mieux placé pour tenter une hypothétique opération de sauvetage.
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