L'universitaire Khaoula Taleb Ibrahimi a estimé dimanche lors du colloque international organisé par le quotidien El Watan à l'occasion du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, qu'il faut une meilleure prise en charge de la réalité linguistique algérienne dans un contexte de mondialisation.
Mettant en perspective les avancées et les reculs depuis l'indépendance en matière d'enseignement des langues, Khaoula Taleb Ibrahimi a indiqué que l'idéologie de la langue nationale et la sacralisation de la langue arabe ont été un frein au développement d'un enseignement de qualité. Une réalité amère partagée dans tout le monde arabe, a-t-elle précisé.
A ce sujet, l'universitaire a plaidé pour une approche de l'enseignement de la langue arabe qui prenne en compte l'aspect "vivant" de cette dernière et les "profondes variations" qu'elle a connues, regrettant par ailleurs, "l'opposition entre francophones et arabophones qui a empêché l'émergence d'une intelligentsia nationale".
L'auteure de "Les Algériens et leur langues" a rappelé dans son intervention les "luttes" et les "crises" qui ont abouti sur le statut de langue nationale concédé à Tamazight en 2002, en soulignant le nécessaire "aménagement" de l'enseignement de cette langue, fondé sur une "norme" en rapport avec la pratique de cette langue dans d'autres pays de l'Afrique du Nord, et la "mise en place d'outils pédagogiques adéquats", a-t-elle argumenté.
Abordant l'enseignement des langues étrangères, la spécialiste en sciences du langage estime qu'une "trop grande" place est accordée à la langue anglaise au détriment d'autres langues ( Espagnol, Italien, Russe...). Dans le même sillage, elle a regretté l'absence des langues africaines des programmes algériens d'enseignement.


