La France semble bien apprécier les «réformes politiques» annoncées par le président Abdelaziz Bouteflika dans son discours à la nation ce vendredi. En pleine brouille avec notre pays, Paris espère reprendre langue au niveau officiel, via une telle appréciation. En effet, son ministre français des Affaires étrangères, M. Alain Juppé, a affirmé samedi que les réformes annoncées vendredi par le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, vont dans la «bonne direction».
«Le président Bouteflika a annoncé un certain nombre de réformes, de la Constitution, des partis politiques, de la loi électorale, une réforme de la décentralisation, de l’audiovisuel. Tout ceci va dans la bonne direction», a déclaré le chef de la diplomatie française à la presse, en marge d’un colloque à Paris sur «Le printemps arabe», organisé par le Quai d’Orsay. Il est significatif de noter que la France est le premier pays occidental et même dans le monde à réagir aussi rapidement aux discours présidentiel.
Connaissant, le «poids» et son influence sur les capitales occidentales, de par son «statut» d’ancienne puissance coloniale, Paris voudrait sans doute indiquer la voie à suivre. Mais surtout réparer ses impairs contre l’Algérie notamment s’agissant de la crise en Libye et son alignement sur les thèses marocaines au sujet du Sahara occidental. On s’en souvient, le président Sarkozy fut le premier chef d’Etat occidental a avoir félicité le président Bouteflika suite à sa réélection en 2009. En 2004, son prédécesseur, Jacques Chirac s’étaient même déplacé à Alger pour féliciter Bouteflika une semaine après sa réélection pour un second mandat.
Il faut souligner que le Quai d’Orsay a fait presque les mêmes déclarations positives après le discours du roi M6 dans le sillage des manifestations pour le changement au Maroc. Cela étant dit, le président Bouteflika a annoncé vendredi soir dans un discours à la nation, un programme de réformes politiques, prévoyant notamment une révision de la Constitution, de la loi électorale et de celle concernant les partis politiques. La loi sur l'information, introduisant les repères d'une charte déontologique et complétant la législation actuelle, notamment à travers la dépénalisation du délit de presse et l’ouverture du champ audiovisuel par la création de chaînes thématiques spécialisées, ouvertes à toutes les opinions, figurent également dans le cadre du programme de réformes décidées par le chef de l’Etat. Les partis politiques ont réagi différemment à ces mesures selon qu’ils soient membres de l’alliance présidentielle ou sont dans l’opposition.


