Il y 50 ans, les oranais avaient vécu un mois de mars de feu et de sang
Il y a 50 ans, de graves et sanglants évènements se sont déroulés durant ce mois de mars 1962, à Oran, et qui demeurent gravés dans la mémoire de tous les nationalistes Algériens. Le premier mars 1962, des émeutes ont éclaté à Oran, sous l’instigation de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS) qui a entraîné des pieds-noirs dans la sphère de la violence.
A partir des balcons des immeubles du centre ville et de la place d’Armes, des coups sur les casseroles “ti ti ti ta ta” “l’Algérie Française”, scandés par des hommes, femmes et enfants, sonnaient comme un cri de ralliement à une cause qu’ils savaient déjà perdue.
Le 4 et le 5 mars, 120 attentats terroristes au plastic perpétrés par l’OAS, ont secoué la ville d’Oran, dans une opération baptisée “Opération Rock n’roll” qui ont touché des immeubles d’algériens, des magasins et autres échoppes n’ont pas échappé à la furie dévastatrice de ces criminels.
Alors que la dernière phase de la 2ème conférence d’Evian avait eu lieu du 7 au 18 mars 1962 pour aboutir à un cessez-le-feu qui était devenu effectif le 19 mars de la même année en Algérie à partir de 12 h, heure d’Algérie.
L’OAS va alors déclencher une activité terroriste sans précédent. A Oran au niveau du lieu dit “Tir au pistolet” ou ”Felfla Hamra”, des membres de cette organisation criminelle occupent l’ immeuble qui surplombe le terrain vague, à cette époque, et la station service, et à partir des balcons ouvraient le feu sur tous les algériens qui avaient le malheur de passer devant cet édifice, d’où le nom donné à ce lieu “tir au pistolet”.
Sur la voie publique les assassins de l’OAS saisiront, dans la station d’essence, des futs d’huile, qu’ils déverseront sur la chaussée de la voie qui mène vers Ras El Ain. Plusieurs automobilistes et hippomobiles y déraperont avec des conséquences graves. Au quartier Israélite de Derb, des juifs feront la chasse à l’arabe avec des armes reçues de l’OAS. Ceux qui s’aventuraient dans le Mellah (rue d’Austerlitz) pour s’approvisionner laisseront leurs vies.
Le général Artus, commandant la Gendarmerie d’Oran, a fourni le 12 avril 1962 dans le cadre de sa déposition au procès du général putschiste Edmond Jouhaud d’origine juive, né à Bousfer, des précisions sur les attentats de l’OAS : “1190 explosions de plastic et 109 attaques à main armée ont provoqué 137 morts et 385 blessés” pendant les seuls quatre mois et demi de sa prise de fonction.
Et s’il y avait des degrés dans l’ignoble, l’un des sommets fut atteint le 11 mai où 15 algériennes, femmes de ménage, furent abattues au révolver ou au poignard par les “courageux combattants” de l’Algérie française.
« …Après les accords d’Evian, le général Katz n’osait plus transmettre les chiffres des victimes de peur de provoquer la rupture du cessez-le-feu. Et ce n’est pas lui, mais le préfet de police d’Oran qui communiqua plus tard le bilan total …”du 19 mars au 1er juillet 1962 on dénombra à Oran comme victimes de l’OAS : …66 Européens civils tués et 36 blessés ; 410 Algériens tués et 487 blessés et mutilés». « Dans cette terrible tragédie plus de 3000 personnes ont été assassinées à Oran”.
Dans un rapport qui a été remis au Premier ministre Français de l’époque, le général Maurice Faivre et Jean Monneret, proches des cercles colonialistes, ont établi à 356 le nombre des Européens oranais disparus, à partir du 5 juillet 62, et ce chiffre montre bien qu’on est bien loin du « génocide » abusivement affirmé par certains cercles de pieds noirs affiliés à l’OAS.
Depuis 1962, aucun gouvernement Français n’a condamné les crimes d’une partie de l’armée Française reconvertie à l’OAS. N’est-t-il pas incompréhensible, de la part du président Français Nicolas Sarkozy de déclarer que le France ne s’excusera pas de sa sale guerre et pour les crimes contre l’humanité commis en Algérie ? Il demeure acquis lui et ses prédécesseurs à l’idéologie génocidaire et aux actes de l’armée d’occupation qui a commis les pires crimes en Algérie sous la bannière de l’Algérie Française, représentée par des généraux Français : Salan, Jouhaud, Zeller et Challe et avant eux par les grands criminels que sont le général Bugeaud, le duc d’Aumale, le colonel Pélissier, Saint-Arnaud, Cavaignac et la liste est bien longue.


