Profitant de la visite qu'il effectuera mercredi et jeudi prochains en Algérie, l'avocat des familles parties civiles dans l'affaire des proches des moines de Tibehirine, vient d'interpeller le président François Hollande pour intervenir auprès d'Alger en vue d'accélérer l'enquête du juge Trévidic sur l'assassinat des moines de Tibehirine.
En effet, dans une lettre publiée ce vendredi dans "La Croix", Patrick Baudouin appelle solennellement le chef de l'Etat à faire en sorte que puisse progresser la "légitime recherche de la vérité".
Il écrit : "A la veille de votre visite en Algérie et de votre rencontre avec le président Abdelaziz Bouteflika, j'ai l'honneur de vous solliciter afin que cette question de la nécessaire coopération des autorités algériennes dans l'exécution de la commission rogatoire internationale soit évoquée lors de vos entretiens".
L'affirmation des autorités algériennes selon laquelle "les sept moines ont été décapités par des islamistes qui les avaient enlevés" est réfutée depuis quelques temps par les autorités judiciaires françaises, qui, s'appuyant sur "le témoignage d'un ancien attaché de défense à Alger", évoquent la thèse " d'une bavure de l'armée algérienne"
Et c'est à la demande du juge antiterroriste Marc Trévidic que le ministère français de la Défense avait déclassifié 68 documents qui étaient protégés par le secret-défense.
Le juge français avait indiqué au début 2012 aux familles qu'il voulait faire procéder à une autopsie des têtes des moines, retrouvées le 30 mai 1996 près de la commune de Médéa, et entendre sur place une vingtaine de témoins.
Trévidic attend depuis le feu vert des autorités algériennes pour pouvoir poursuivre ses investigations dans l'enquête sur la mort des moines de Tibehirine, enlevés en mars 1996.


