"Il est temps de mettre un terme aux mensonges répandus par le colonialisme français dans la presse et par le cinéma pour tromper l’opinion internationale quant à la sauvagerie des massacres commis en Algérie, en particulier en mai 1945 et en août 1955" a déclaré aujourd'hui lundi, l'historien, Gilles Manceron dans une communication donnée à Guelma à l'occasion de la 10ème édition du colloque international sur les massacres du 8 mai 1945, organisé par l'université de Guelma.
Cet historien, ancien vice-président de la ligue française des droits de l'Homme, a interpellé l'Etat français pour reconnaître les crimes commis en Algérie, dans une intervention qu'il a intitulé: "De mai 1945 à août 1955, la nécessité pour la France de reconnaître les crimes commis en Algérie".
M. Manceron a souligné que la France officielle est appelée, dans le contexte des dernières élections présidentielles, à "prendre des positions claires concernant ces évènements".
Il a appelé les chercheurs et les historiens à présenter ces évènements sous un jour objectif, selon une approche scientifique qui puisse aller au-delà des analyses journalistiques et des reportages réalisés sur le 8 mai 1945 dans les régions de Guelma et Sétif, souvent travestis par la déformation des faits et des évènements.
Le conférencier a souligné, en outre, que les massacres du 8 mai 1945 ont permis de réaliser un consensus dans le mouvement nationaliste algérien autour de la nécessité d’une lutte armée pour sortir de l’état de soumission à l’ordre colonial, confirmant la règle selon laquelle "ce qui a été pris par la force, ne peut être récupéré que par la force".
Un hommage a été rendu à feu Abdelhamid Mehri qui fut fidèle à toutes les éditions précédentes du colloque international de l’université de Guelma sur les massacres du 8 mai 1945.


