Droits de l’Homme : L’Algérie une nouvelle fois épinglée
La protection des droits de l’Homme ne serait pas la mission la plus exaltante pour les pouvoirs publics, même après la batterie de réformes politiques qui se voulaient gage d’un « changement» dans la bonne direction.
C’est en tout cas la conclusion que tirent les organisations de la société civile algérienne, les syndicats et les associations, se basant sur un plan de situation dressé par plusieurs États à l’issue du fameux Examen périodique universel (EPU).
Il en ressort ainsi que les droits de l’Homme en Algérie ne sont pas mieux respectés depuis l’adoption des lois début janvier dans le sillage des réformes présidentielles. Les neuf organisations de la société civile dont la LADDH, le collectif des disparus, le SNAPAP et le réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) pensent au contraire que les nouvelles lois ne sont même pas « conformes aux dispositions du Pacte international sur les droits civils et politiques, ratifié par l’Algérie».
“Ces nouvelles lois, adoptées dans le cadre des réformes politiques décidées par le président de la République, codifient les pratiques abusives déjà mises en œuvre par l’administration à l’encontre des organisations de la société civile indépendante », soulignent ces organisations.
Et d’ajouter qu’elle ont été adoptées dans un contexte marqué par “la détérioration des droits de l’Homme en Algérie”. Elles en veulent pour preuve « la situation actuelle des greffiers, en grève de la faim depuis plus d’un mois» dans une allusion aux grèves cycliques dans ces corps de métiers.
Lutter contre l’impunité et mener des enquêtes diligentes sur les disparus
Aussi, le communiqué des associations algériennes se fait fort d’appuyer la recommandation de l’EPU qui a souligné «la nécessité de lutter contre l’impunité et de mener des enquêtes efficaces et diligentes afin que la lumière soit faite sur le sort des disparus ».
Elles rappellent que la délégation algérienne, représentée par Kamel Rezzag Barra, le conseiller à la sécurité du président de la République, «n’a fourni que des généralités et des contrevérités» aux questions relatives aux disparus.
Précisément, les neuf associations prennent acte de la déclaration de M. Bara selon qui 65 personnes disparues «auraient été localisées en prison ou de retour chez elles ». Elles demandent ainsi au gouvernement de faire en sorte de permettre aux organisations de familles de disparus «d’entrer en contact avec ces personnes afin de vérifier la véracité de ces propos».
Le communiqué rapporte en outre que le conseiller du président avait annoncé lors de son audition que l’Algérie « travaillait actuellement avec le Groupe de travail sur les disparitions forcées (GTDF) des Nations unies pour une éventuelle visite sur place».
Et aux signataires de rappeler que le GTDF a déposé sa demande d’invitation depuis bientôt douze ans. Si le groupe des neuf signale que la visite du GTDF est désormais envisagée par les autorités algériennes», il précise que celle-ci (la visite) reste «soumise à des conditions contraires au mandat du GTDF et à ses méthodes de travail».
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