Ali Belhadj, ex numéro deux du Front islamique de salut (FIS), a réclamé mercredi la dépouille de son fils Muawiya dit Abdelkahar, tué lundi 25 juillet par les forces spéciales de l'ANP, alors qu’il s’apprêtait avec deux de ses acolytes à commettre un attentat suicide à Alger, dans une déclaration au quotidien arabophone Al Khabar.
« Je ne crois pas aux communiqués quelque soit leur source, c’est pour cette raison que je me suis présenté au commissariat de la cité Badrde kouba (son lieu de résidence sur les hauteurs est d’Alger), ils m’ont répondu (les policiers) que tout ce qu’ils savent de la mort de mon fils, ce sont les coupures de journaux », déclare Ali Belhadj, qui laisse planer le doute sur la mort de son fils Abdelkahar .
Il ajoute qu'il ne demande qu’une chose : « donnez- moi le corps de mon fils pour que je puisse accomplir, le rituel de l’enterrement » revendique t-il en laissant entendre mais sans les identifier qu’il « existe des parties » qui sont derrière la séquestration de la dépouille.
« Même les israéliens en Palestine, quand ils tuent un militant du HAMAS, ils restituent le corps à sa famille », compare t –il ajoutant, que « ce que vous pensez (la presse) de mon fils ne me regarde pas et son avis sur vous également, mais encore une fois qu’on me donne légalement la dépouille de mon fils ». Ali Belhadj revient sur le communiqué d’AQMI, mis en ligne lundi à partir du Caire, qui annonce la mort de Abdelkahar en se demandant pourquoi le prendre comme référence, alors que jusque-là on accordait peu de crédit aux communiqués d’AQMI.
« Moi je ne crois pas aux communiqués d’Al Qaida ni à l’information fuitée par les services de sécurité et j’attends que ces services de sécurité prennent rapidement attache avec moi », poursuit-il dans sa déclaration à El Khabar. L’ex numéro deux du FIS, qui ne jouit plus du charisme qu’il avait dans les années quatre vingt dix au temps où il remontait les foules contre le régime du parti unique, se permet même d’ironiser sur la version des services de sécurité, selon laquelle son fils était abattu avec deux de ses acolytes dans la localité de Thénia le lundi 25 juillet alors qu’ils se dirigeait sur Alger pour y perpétrer un attentat suicide dans un endroit fréquenté pour faire la maximum de victimes.
« Comment, savent-ils (les services de sécurité) qu’il venait à la capitale pour se faire exploser ? L’ont-ils interrogé après sa mort, ce n’est pas facile pour moi d’avaler tout ça comme ça »conclu amèrement celui qui avait écrit en 1994 une lettre à Chérif Gousmi émir de l'organisation criminelle GIA pour lui apporter son soutien et pour l'informer de sa décision de rejoindre les maquis terroristes dès que possible.


